Ce n'est pas un caprice, c'est un cerveau qui filtre : néophobie et hypersensibilité sensorielle chez l'enfant TDAH

Enfant TDAH devant une assiette avec vagues sensorielles — néophobie et hypersensibilité

Alimentation & sens

Ce n'est pas un caprice, c'est un cerveau qui filtre : néophobie et hypersensibilité sensorielle chez l'enfant TDAH

Néophobie et hypersensibilité sensorielle chez l'enfant TDAH

Temps de lecture : 10 min

Il a 5 ans. Vous mettez dans son assiette un morceau de tomate qu'il a déjà mangé la semaine dernière.

Aujourd'hui, il vous regarde comme si vous lui aviez servi une bestiole.

Il fond en larmes. Il refuse d'y toucher.

Vous respirez. Vous n'êtes pas au bout du repas.

Puis viennent les étiquettes qui grattent dans le dos, le t-shirt qu'il refuse de mettre, le bruit de l'aspirateur qui le fait hurler, le parfum qu'il ne supporte pas, ou encore certaines matières qui lui donnent littéralement la chair de poule.

Sans oublier les repas de famille où il ne mange que des pâtes blanches.

Vous vous demandez si vous êtes trop laxiste, pas assez ferme, ou les deux à la fois.

Et vous entendez parfois : « Il n'a qu'à manger », « c'est un caprice », « chez moi ça ne se passerait pas comme ça ».

Mais certains refus ne sont pas de simples oppositions. Ils peuvent être liés à une perception sensorielle réellement différente.

Un fait neurologique fondamental : le filtre sensoriel est différent

Chaque seconde, le cerveau reçoit une immense quantité d'informations sensorielles : lumière, sons, odeurs, textures, températures, mouvements, position du corps et sensations internes.

Une grande partie de ces informations est normalement filtrée avant d'atteindre notre conscience.

Chez certains enfants TDAH ou plus largement neurodivergents, ce traitement sensoriel peut fonctionner différemment.

Le tic-tac de l'horloge, la lumière du néon, une texture inhabituelle, l'odeur d'un plat ou l'étiquette d'un vêtement peuvent devenir difficiles à ignorer.

Une étude publiée en 2020 dans Turkish Archives of Pediatrics a comparé les profils sensoriels d'enfants d'âge préscolaire présentant des symptômes de TDAH à ceux d'enfants témoins.

Les auteurs ont observé davantage de particularités sensorielles dans le groupe présentant des symptômes de TDAH.

« Ce que votre enfant vit n'est pas nécessairement exagéré. Il peut réellement percevoir certains stimuli autrement. »

Les deux visages de l'atypicité sensorielle

L'hypersensibilité sensorielle

Certains signaux sont ressentis avec une intensité particulièrement forte.

Le bruit peut sembler assourdissant, une lumière très agressive, la texture d'une viande insupportable, ou une caresse désagréable.

L'enfant vit alors dans un environnement qui lui semble facilement « trop plein ».

L'hyposensibilité sensorielle

À l'inverse, certains enfants semblent moins sensibles à certaines informations corporelles ou sensorielles.

Ils peuvent rechercher des sensations fortes : courir, sauter, tourner, se cogner, chercher la pression ou le mouvement.

Les deux profils peuvent parfaitement coexister chez le même enfant.

Il peut, par exemple, être très sensible aux sons mais rechercher beaucoup de mouvement.

La néophobie alimentaire — bien plus qu'un caprice à table

La néophobie alimentaire correspond à la réticence ou à la peur face aux aliments nouveaux.

Elle est fréquente chez les jeunes enfants et fait partie du développement normal.

Chez certains enfants, elle devient cependant particulièrement intense ou durable.

Les critères sensoriels jouent alors un rôle important :

  • texture ;
  • couleur ;
  • odeur ;
  • température ;
  • présentation ;
  • mélange de plusieurs aliments.

Une perception olfactive particulière

Une étude publiée dans PLOS ONE en 2024 chez des enfants de 3 à 9 ans a mis en évidence une association entre performances olfactives, appréciation des odeurs et néophobie alimentaire.

Les odeurs peuvent donc participer fortement au rejet de certains aliments.

Une sensibilité gustative différente

Tous les enfants ne ressentent pas les saveurs avec la même intensité.

Certains sont particulièrement sensibles à l'amertume, ce qui peut expliquer le rejet spontané de certains légumes ou aliments nouveaux.

Une difficulté avec les textures

La texture est souvent au cœur des refus alimentaires.

Un aliment lisse contenant soudainement un morceau, une peau, une graine, une sauce qui touche un autre aliment ou une texture inattendue peuvent provoquer un véritable dégoût.

Le lien souvent oublié : zinc, goût et appétit

Le zinc joue plusieurs rôles importants dans l'organisme, notamment dans le fonctionnement normal du goût et de l'odorat.

L'étude publiée dans Turkish Archives of Pediatrics en 2020 s'est également intéressée au statut en zinc des enfants étudiés.

Elle suggère une relation entre certaines particularités sensorielles, les symptômes de TDAH et le statut en zinc.

Le zinc et le goût

Le zinc participe au fonctionnement normal des systèmes gustatif et olfactif.

Le zinc et l'appétit

Une insuffisance nutritionnelle peut également s'accompagner d'une diminution de l'appétit chez certains enfants.

Chez un enfant très sélectif, un cercle peut parfois s'installer : alimentation restreinte, apports moins diversifiés, puis davantage de difficultés à élargir le répertoire alimentaire.

Les autres micronutriments impliqués dans le fonctionnement du système nerveux

Le magnésium

Le magnésium participe au fonctionnement normal du système nerveux et à de nombreuses réactions enzymatiques.

La vitamine B6

La vitamine B6 intervient dans le métabolisme de plusieurs neurotransmetteurs et contribue au fonctionnement normal du système nerveux.

Les vitamines B9 et B12

Elles participent au métabolisme cellulaire et au fonctionnement normal du système nerveux.

La vitamine D3

Une insuffisance en vitamine D mérite d'être corrigée lorsqu'elle est identifiée.

Le fer

Le fer est important pour le métabolisme énergétique et plusieurs mécanismes du système nerveux.

L'axe intestin-cerveau

Le système digestif, le microbiote et le système nerveux communiquent en permanence.

La micronutrition ne remplace pas un accompagnement de l'oralité ou une prise en charge sensorielle. Elle peut s'intégrer dans une approche globale lorsqu'un besoin nutritionnel est identifié.

Les hypersensibilités non alimentaires : bruits, textures, lumières et odeurs

La sphère alimentaire n'est qu'une partie du profil sensoriel.

Sens impliqué Ce que peut vivre l'enfant Adaptations possibles
Auditif Sursaute au moindre bruit, difficulté en cantine ou dans les lieux très bruyants Casque anti-bruit, temps de récupération, privilégier les heures calmes
Tactile Refuse certaines matières, coutures, étiquettes ou vêtements Retirer les étiquettes, privilégier les matières tolérées et respecter les préférences
Visuel Gêne à la lumière vive, néons difficiles à supporter Lumière plus douce, réduire les sources lumineuses agressives
Olfactif Forte réaction à certaines odeurs Aérer, éviter les parfums d'ambiance, respecter les limites de l'enfant
Proprioceptif Recherche de pression, besoin de bouger, de pousser ou de sauter Activités motrices, jeux de poussée, mouvements adaptés
Vestibulaire Recherche ou évite balançoire, rotations et mouvements Activités progressives et adaptées au profil de l'enfant
Ce n'est pas nécessairement de la manipulation. Adapter l'environnement peut réduire la surcharge et libérer de l'énergie pour le reste.

Face à un enfant sélectif à table : les principes qui marchent

1. Ne pas forcer ni culpabiliser

Transformer chaque repas en rapport de force risque de renforcer l'association entre nourriture, peur et conflit.

L'objectif est de préserver autant que possible une ambiance neutre ou agréable.

2. Exposer sans pression

Un aliment nouveau peut nécessiter de nombreuses présentations avant d'être accepté.

Et « exposition » ne signifie pas nécessairement « manger ».

Voir, sentir, toucher, manipuler ou aider à préparer l'aliment constitue déjà une familiarisation.

3. Cuisiner ensemble

L'enfant peut participer à la préparation : laver, mélanger, peser, couper avec du matériel adapté, disposer les aliments.

Cette familiarité permet d'explorer un aliment sans la pression de devoir immédiatement le manger.

4. Servir les aliments séparément

Les mélanges peuvent être particulièrement difficiles pour certains profils sensoriels.

Une assiette compartimentée ou des aliments présentés séparément peuvent considérablement diminuer la tension.

5. Sécuriser l'apport alimentaire

Lorsqu'un enfant accepte très peu d'aliments, l'objectif immédiat reste aussi de couvrir ses besoins.

Certaines préparations familières peuvent être enrichies avec des ingrédients déjà bien tolérés.

6. Ne pas utiliser la nourriture comme récompense ou punition

« Mange tes légumes et tu auras ton dessert » transforme les aliments en enjeu de pouvoir.

Il est préférable d'éviter cette logique et de maintenir un cadre alimentaire cohérent.

7. Surveiller le terrain nutritionnel

Un répertoire très restreint peut exposer à des apports insuffisants en certains micronutriments.

Une évaluation professionnelle permet de vérifier si l'enfant couvre correctement ses besoins.

Quand faut-il consulter ?

Certaines situations méritent un accompagnement spécialisé.

  • répertoire alimentaire très restreint ;
  • refus complet de catégories entières d'aliments ;
  • perte de poids ou croissance insuffisante ;
  • repas devenus systématiquement conflictuels ;
  • refus de cantine ou de situations sociales liées à l'alimentation ;
  • fatigue, pâleur ou autres signes pouvant évoquer une insuffisance nutritionnelle.

Selon le problème, plusieurs professionnels peuvent intervenir :

  • orthophoniste formé à l'oralité ;
  • ergothérapeute ;
  • pédiatre ;
  • diététicienne pédiatrique ;
  • équipe spécialisée lorsque les difficultés deviennent importantes.

Un cerveau qui filtre autrement : une différence à comprendre

L'hypersensibilité sensorielle peut être épuisante.

Mais une perception fine du monde peut aussi devenir une richesse lorsqu'elle n'est plus vécue comme une agression permanente.

Certains enfants remarquent des détails, des nuances, des sons, des textures ou des changements que d'autres ne perçoivent pas.

L'objectif n'est donc pas de leur apprendre que leurs sensations sont « fausses ».

C'est de les aider à mieux les comprendre, à les réguler et à construire progressivement davantage de tolérance.

« Un enfant qui perçoit beaucoup n'est pas un enfant capricieux.
C'est un enfant qui a besoin que nous comprenions comment son monde lui arrive. »

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Un soutien nutritionnel pour les enfants au répertoire alimentaire restreint

NutryGenius réunit en une prise quotidienne 16 micronutriments destinés à compléter l'alimentation : zinc, magnésium bisglycinate, vitamine B6, vitamines B9 et B12, fer, vitamine D3, safran et probiotiques.

Son goût cerise et son format en stick ont été pensés pour faciliter la prise quotidienne, y compris chez les enfants présentant une alimentation sélective.

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Références scientifiques

  • Yochman A, Alon-Beery O, Sribman A, Parush S. Sensory profile, ferritin and zinc levels in preschool-aged children with symptoms of attention deficit hyperactivity disorder. Turkish Archives of Pediatrics, 2020.
  • Sorokowska A, Chabin D, Hummel T, Karwowski M. Olfactory performance and odor liking are negatively associated with food neophobia in children aged between 3 and 9 years. PLOS ONE, 2024.
  • Nowak-Wegrzyn A, Katz Y, Mehr SS, Koletzko S. Non-IgE-mediated gastrointestinal food allergy. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2015.
  • Cermak SA, Curtin C, Bandini LG. Food selectivity and sensory sensitivity in children with autism spectrum disorders. Journal of the American Dietetic Association, 2010.
  • Coulthard H, Blissett J. Fruit and vegetable consumption in children and their mothers. Moderating effects of child sensory sensitivity. Appetite, 2009.